Lettre à St Nicholas,

Il doit y avoir belle lurette que quelqu’un vous a écrit car, hélas on vous a remplacé par un grotesque bonhomme tout rouge pour lequel, j’ai peu de sympathie. Depuis le temps que vous êtes en chômage forcé. Je pense que vous serez heureux de vous occuper de ma LISTE DE CADEAUX. Supposons que vous n’avez pas perdu la main, aussi je me suis donné la peine d’en écrire une longue et de n’oublier personne.

Pourriez-vous apporter AUX HOMMES QUÉBÉCOIS, la force physique tout en les persuadant que cette force n’exclut pas la tendresse. Donnez-leur aussi un travail intéressant, mais pas trop accaparant. Un amour qui les inspire tout en ne les étouffant pas. L’occasion de vivre plus près de leur famille, un climat social favorable à leur épanouissement.Aux FEMMES QUÉBÉCOISES, l’émancipation sans la culpabilité. L’autonomie sans la solitude. L’amour sans l’esclavage, des hommes et des enfants selon leur cœur et une vie selon leur talents et leurs aspirations et aussi de se trouver belles, les plus belles.Aux ENFANTS, moins de bébelles en plastique, moins de jouets mécaniques. Des livres, du papier, des crayons et des jouets créateurs. Apporter leur quelques responsabilités et quelques occasions de partager avec les moins favorisés et beaucoup d’amis etd’amies.AuxCOUPLES, l’amour sans l’habitude, la paix sans le renoncement à soi. l’harmonie entre les corps et les esprits et plus d’occasions de se retrouver ensemble dans les mêmes activités.Aux VIEUX, la SÉRÉNITÉ, un repos actif; de la joie en eux et autour d’eux et l’occasion de partager leurs expériences et le bonheur de voir leurs enfants et petits enfants poursuivre leurs idéaux.Aux DIRIGEANTS POLITIQUES, de la modération, du jugement. La solution aux problèmes de l’inflation, de la pollution et les conflits de travail.Aux ARTISTES, de l’inspiration, des bourses et des contrats. Un environnement accueillant à leurs œuvres.Aux TRAVAILLEURS, des heures plus courtes, des machines plus efficaces, des syndicats moins envahissant et l’abolition du tournage chronique.

Aux QUÉBÉCOIS en général, des hivers et de la gesse pour parler de leur avenir.

Veuillez agréer, St-Nicholas, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

HENRIETTE MAJOR