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title: "Le problème québécois relève de la loi naturelle [Contexte 1979]"
date: 2026-10-02
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Source : [https://amatterofmind.org/Pierres_PDFs/LAROUCHE%20REPORTS/LYNDON_LAROUCHE_LE_PROBLEME_DU_QUEBEC_ET_LA_LOI_NATURELLE.pdf](https://amatterofmind.org/Pierres_PDFs/LAROUCHE%20REPORTS/LYNDON_LAROUCHE_LE_PROBLEME_DU_QUEBEC_ET_LA_LOI_NATURELLE.pdf)

Lyndon LaRouche, traduction du Comité pour la République du Canada, Mai 1979

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Au cours des années 1880, mon grand-père paternel, Joseph, a quitté la maison du luthier amateur Antoine Larouche et le Québec rural, recherchant en France puis aux États-Unis le genre d'occasions refusées depuis longtemps à la majorité de la population québécoise par la politique britannique au Canada. Il s'est installé aux États-Unis, gagnant une petite modification dans l'épellation de son nom lors de son immigration américaine. D'abord pharmacien, il devint ensuite mécanicien avec quelques inventions réussies à son crédit, et mourut dans l'aisance à Lynn (Massachusetts) en 1931. Parmi ceux qui l'avaient connu il faisait toujours figure de légende plus de vingt ans après sa mort.

La situation des Québécois s'est améliorée depuis les années 1880. Mais depuis le milieu des années 1960, les chances qui s'offrent à eux s'amenuisent. Même si les causes de ces difficultés économiques récentes sont liées à la ruine du système monétaire de Bretton Woods, dominé par Londres, il reste que, sous-tendant les différentes améliorations et fluctuations économiques—à la hausse durant les années 50 et à la baisse à la fin des années 60 et durant les années 70—le problème fondamental confrontant les Québécois demeure la survivance de la vicieuse tradition politique britannique. Cette politique a été d'abord élaborée par le Premier Ministre William Pitt-le-Jeune, et poursuivie pour l'essentiel sous Canning, Palmerston, Russell et les différents Gouverneurs Généraux jusqu'à aujourd'hui.

Sur les faits, je peux parler et écrire avec une certaine autorité, restreinte mais spéciale. Les recherches historiques et statistiques que j'ai faites personnellement durant les années 50, ou celles de mes collaborateurs immédiats, rendent compte des faits les plus généraux. En plus, j'ai eu l'avantage précieux d'examiner le Québec sous l'angle des intérêts d'une importante faction financière du Québec pendant les années 50.

J'ai aussi bénéficié, plus récemment, de discussions avec des cercles bien informés en France sur ce sujet, ainsi que de rapports de discussions avec des cercles appropriés au Québec même.

En tant que candidat à la présidence américaine, cette sorte de connaissance pratique des problèmes que le Québec doit régler est importante, mais ce n'est pas la base fondamentale de ma politique vis-à-vis du Québec. Cette connaissance pratique est indispensable, précisément parce qu'elle me permet de savoir que mes politiques, dérivées d'un point de vue différent et plus élevé, sont aussi correctes en pratique pour le Québec d'aujourd'hui.

Si le citoyen québécois, et d'autres, souhaitent comprendre ma politique québécoise, ils doivent exiger de moi que je présente la base morale sous-tendant mon jugement. En procédant maintenant à l'exposé des processus mentaux internes par lesquels j'ai élaboré ma politique québécoise, je satisfais cette exigence;  je fournis aussi aux lecteurs québécois et à d'autres quelque chose de plus important pour eux. Suivant ma conception générale de la question, je leur propose de définir l'importance globale d'un Québec non dominé par les Britanniques.

**La campagne présidentielle de 1980**

On peut comparer ma campagne pour l'élection présidentielle américaine de 1980 à celle qui a conduit à l'élection du Président Abraham Lincoln en 1860.

La politique de «désintégration contrôlée» de l'économie américaine, ordonnée par le «Council on Foreign Relations» (CFR) de New York, et appliquée par l'administration Carter (dominée par le CFR), est une politique britannique qui contredit directement et totalement l'engagement «organique» de plus des deux-tiers des électeurs américains éligibles,  tout comme les  politiques de l'administration  du Président James Buchanan (1857–1860) s'opposaient directement  et violemment aux impulsions de la majorité des citoyens américains d'alors.

Aujourd'hui, plus des deux-tiers des électeurs éligibles aux États-Unis sont essentiellement des républicains démocratiques dans leur vision  du monde, et sont  dédiés à  poursuivre la politique américaine traditionnelle du progrès technologique dans l'agriculture et  l'industrie. Or, les bureaucraties  qui contrôlent nationalement les partis Républicain et Démocrate sont à  ce  point-ci, plus  ou moins également, sous le contrôle  dictatorial  du CFR de New York et des formations  politiques anglophiles, alliées au  CFR.

Chaque fois qu'un tel fossé se creuse entre les partis  politiques dirigeants  et la grande majorité des citoyens,  la nation affectée  est plus ou moins mûre, potentiellement,  pour le démantèlement des vieux partis et  l'émergence d'un nouveau parti dirigeant. L'exemple de  l'élection du Président Lincoln en 1860 en est  l'illustration.

Tel est l'aspect tactique essentiel de ma campagne  électorale.

Cette tactique est plus qu'une simple idée théorique. Elle a une base factuelle que viennent confirmer de plus  en plus les signes avant-coureurs de l'éruption possible  d'un «volcan» politique dans la vie politique américaine.

La combinaison que représentent l'administration  Carter, la majorité  du Congrès, les candidats présidentiels d'envergure des Républicains  et des Démocrates,  autant que la majorité des principaux médias américains,  donnent l'impression d'une force monolithique  dédiée aux politiques fabriquées  par le CFR; si cette  carapace monolithique est dure, elle est aussi fragile et  fissurée  au point qu'on peut la faire éclater.

La politique officielle américaine est en ce moment  orientée vers des objectifs directement  et totalement  contraires à la tradition républicaine américaine  du  progrès technologique généralisé. C'est pourquoi les  politiques  de ce bloc monolithique recueillent l'adhésion  morale de moins d'un quart des électeurs éligibles.

Ce fait se reflète dans  les résultats de l'élection  présidentielle de  1976 et les récents sondages Harris.  Incluant les trois à  cinq millions  de votes frauduleusement reportés sur lui aux élections  de 1976, le total des  voix dont Carter a été crédité ne représente que  28 pour  cent des électeurs éligibles, tandis que la popularité de  Carter n'atteint pas les 20  pour cent selon les derniers  sondages.

Si l'on analyse le montant total des suffrages recueillis par les candidats Républicains et Démocrates liés au  CFR, on s'aperçoit alors que la «base» de  l'administration Carter est beaucoup plus étroite que  les votes enregistrés le suggèrent.

La très grande majorité des électeurs éligibles aux  États-Unis est convaincue qu'il lui est impossible  d'influencer efficacement l'orientation politique générale tant  au niveau du gouvernment féderal qu'au niveau des instances nationales des partis Républicain  et  Démocrate. Dans un nombre grandissant d'états, ce  même sentiment d'impuissance existe envers le  gouvernement de l'état  et de l'organisation des partis  mentionnés.

Dans ces circonstances, toute élection où vote plus  de la moitié des électeurs éligibles fait figure de scrutin  à  forte participation.

De même, le choix des électeurs est largement motivé  par des raisons totalement étrangères à l'orientation  générale des candidats au niveau national,  ou même à  celle de l'état. Certains «votes en bloc», comme les votes  en bloc des syndicats, se portent d'ordinaire sur tel ou  tel candidat en raison «d'accords» préalables entre les  organisations faisant voter  en bloc et la machine du  parti concerné.  Pas plus d'un ou deux textes législatifs  déjà adopté  ou en préparation et d'intérêt particulier  influent  sur le choix de la majorité de l'électorat.

Pareilles constatations obligent la personne réfléchie  à se demander: «Comment une machine politique  s'appuyant sur moins  d'un quart de l'électorat parvient-elle concrètement à maintenir sa quasi-dictature  sur  plus des deux-tiers des citoyens dont la vision philosophique, organique, lui est directement opposée?» La  réponse exacte et simple à cette  question est que la  majorité des citoyens constitue, relativement parlant,  une masse fragmentée, alors que  la force minoritaire  prévaut de  par le déploiement concerté de ses éléments  constitutifs.

Par analogie,  on pourrait comparer ce cas à des  pièces de fer magnétisées  et non-magnétisées. Dans le  premier cas, la pièce de fer magnétisée, un grand  nombre  de molécules se polarise pour produire un effet  magnétique concerté, tandis que les molécules dans la  pièce de fer non-magnétisée sont dispersées de façon  incohérente. Il  est nécessaire de polariser les «pièces de  fer» politiques représentant la majorité; alors, la dictature politique de  la force minoritaire prendra fin.

Dans les prochains mois, les États-Unis vont connaître une transformation profonde de la qualité de leur  vie politique. Seulement deux types de changements  représentent des possibilités pratiques dans cette conjoncture. Le premier, qui  en ce moment apparaît beaucoup plus probable au premier abord, est représenté  par la candidature présidentielle du Général Alexander  Haig.  Le deuxième est représenté  par ma propre candidature.

S'il n'y avait pas de crise sérieuse à  ce point-ci  de  l'histoire monétaire, économique et politico-stratégique  du monde, il me serait possible de gagner la Présidence  américaine lors des élections présidentielles de novembre 1984. L'intérêt  et l'appui grandissants envers ma candidature culmineraient normalement après les élections au Congrès en 1982,   menant à la victoire à  l'élection présidentielle de novembre 1984. Preuve en  est la massive campagne internationale de calomnies et  de harcèlement déployée contre moi et mes co-penseurs,  campagne menée surtout par des cercles britanniques et  leurs complices sionistes et habsbourgeois («Heritage  Foundation»,   Société du Mont Pélerin).

Des cercles  britanniques, habsbourgeois et sionistes haut placés ont  déclaré de façon répétée à  des confidents que,  selon  eux, les prochains mois représentent leur dernière  chance d'isoler l'influence politique associée à ma candidature.

Malheureusement, le rythme de la crise actuelle ne  nous permet  pas d'attendre que ces processus parviennent politiquement à maturation d'ici à  1984. Pour des  raisons diverses, les forces britanniques alliées au CFR  sont  résolues à  porter la crise économique et politico-stratégique mondiale à un point de rupture, avant  l'élection présidentielle américaine de 1980. La politique  adoptée par le CFR est de transformer  les États-Unis  en une économie de guerre de facto, selon les mêmes  lignes générales de politique de crise utilisées pour  déveloper le régime d' Adolf Hitler de 1933 à 1936 en  Allemagne.  Telle est la politique associée au choix de  Haig comme candidat pour  novembre 1980,  choix qui  est celui du CFR.

Mes associés et moi-même devons donc employer des  moyens «peu orthodoxes» pour accélérer les potentialités prévues pour la période 1983–1984 et les réaliser  durant 1979–1980. Nous devons agir pour accélérer cette  catalyse politique qui regroupe plus des deux-tiers  d'électeurs éligibles autour de ma candidature, et  ce,  maintenant, dans les prochains mois. A ce moment-ci,  il  n'y a  pas d'autre alternative visible à  la candidature  fascisante de Haig.

A tout prendre il  faut que je sois élu Président en  novembre 1980. La seule alternative tolérable serait  celle où ma campagne aurait eu l'effet d'éduquer et de  promouvoir d'autres candidats acceptables à  la présidence américaine. Un de ces candidats  devrait être élu  si je suis assassiné par mes ennemis  anglo-sionistes ou  écarté de la Maison Blanche pour des raisons physiques.

Aux personnes sérieuses à  l'intérieur et à  l'extérieur  des États-Unis, je dois dire que la question principale  *à  ce moment-ci* n'est pas mon élection à  la Présidence  en 1980. C'est le succès, durant 1979, de la  campagne  politique autour de ma candidature. Si ma campagne  obtient un certain nombre de résultats durant 1979, la  menace d'un tournant fasciste aux États-Unis aura été écartée. Voilà l'objectif minimal immédiat.

**A propos de moi-même**

Il n'y a rien de vraiment improbable ou  d'impraticable dans ma candidature actuelle pour la présidence des États-Unis. Au mieux, tous les candidats  Républicains et Démocrates d'envergure sont loin, très loin derrière moi quant aux qualifications morales,  intellectuelles et personnelles requises pour ce poste; en  outre ils sont beaucoup moins qualifiés que moi quant  aux aptitudes administratives que ce poste requiert. De  plus, pour les raisons indiquées juste auparavant, le  type de processus qui pourrait mener à mon élection en  novembre 1980—le «processus de Lincoln»—est une  possibilité sérieuse aux États-Unis dans les prochains  mois.

Cependant, nous devons non seulement concéder,  mais aussi insister sur le fait que je ne réponds pas à  «l'image» typique du candidat présidentiel américain  depuis la mort de Lincoln. Je ne suis pas un simple  politicien, dans le sens habituel du terme aux États-Unis.  Je ne fais pas carrière et je ne fais pas de la  présidence américaine l'objectif de mon ambition personnelle. Pour citer la *Commedia* de Dante Alighieri, je  suis gouverné par des «ambitions» différentes de celles  que l'on pourrait identifier aux buts du «paradis terrestre».

Dans le sense descriptif le plus étroit de mon identité  professionnelle, je suis un savant. A partir d'une percée  initiale cruciale en 1952, j'ai accompli un progrès fondamental en économie politique. Avec l'aide des contributions majeures en physique de Georg Cantor et  Bernhard Riemann, j'ai été capable de résoudre le  problème central de l'analyse économique: réduire à des  méthodes susceptibles de quantification la tâche de  démontrer le lien causal entre un taux défini de progrès  technologique et les taux résultants de croissance économique.

Cet accomplissement a  débordé, avec des résultats  bénéfiques, dans des aspects théoriques de la physique  des plasmas et dans certains aspects de recherches  biologiques. Même si  ces réalisations  ultérieures ont été  accomplies par d'autres personnes, des professionnels  dans ces champs d'études, étroitement associés avec  moi, j'ai eu le rôle heureux de faire des contributions  directes à  ces réalisations de par mon association avec  eux.

Si j 'étais une personne dominée par ce qui est ordinairement perçue comme des ambitions «terrestres,»  j'aurais raison d'être plus que satisfait en continuant de  jouir du progrès auquel j'ai contribué.

Je suis aussi devenu un  philosophe d'importance. À  ce propos, on ne devrait pas utiliser ce terme «philosophe» dans le sens utilisé par tant de pauvres «sorbonnards». Je  suis un philosophe dans la tradition directe de Platon, des néoplatoniciens chrétiens en général, des  philosophes—savants islamiques ismaéliens, comme al-Farabi et Ibn Sina (Avicenne), et de façon spécifique  des courants  antérieurs illustrés par le Roger Bacon  «avicénien» du XIIIème siècle, Dante Alighieri, le Cardinal Nicholas de Cuse et Gottfried Wilhelm Leibniz.

Ce rôle de philosophe et mon rôle subsumé de savant sont, en principe, une seule et  même chose. La  division  artificielle entre les sciences «spirituelles»  et «sociales»  d'un côté, et lesdites sciences physiques de l'autre, est  une séparation fausse et  artificielle. Cette fausse séparation fut mise  de l'avant  en Angleterre et en France  par des courants britanniques au cours du XVIIIième  siècle et n'est qu' une illusion qui a reçu un crédit  international plus général  durant le XIXième siècle.  Par  exemple, des courants britanniques ont réussi, au XIXième siècle, à  faire accepter une division entre ce qui est  nommé *Geisteswissenschaft* et *Naturwissenschaft*, une  illusion qui persiste encore en Allemagne aujourd'hui.

Mon rapport  à l'oeuvre de Bernhard Riemann et aux  travaux de 1883 de Georg Cantor,  illustre la relation  entre la philosophie  et la science dans mon travail est au  cœur même de mon identité.

Malheureusement,  l'oeuvre de Riemann n'a généralement pas été  comprise de façon adéquate, même parmi  les soi-disant spécialistes de Riemann. Un examen des  notes et  des travaux non-publiés  de Riemann a  totalement corroboré mon jugement de longue date sur  la  conscience même  que Riemann avait des fondements  profonds  et de la  signification de ses propres accomplissements spécifiques. Il est   sans aucun  doute le  physicien le plus  important des XIXième et XXième  siècles jusqu'à nos jours.

Chez Riemann, il  n' y a aucune  division entre *Geisteswissenschaft* et *Naturwissenschaft*.  Tous les accomplissements fondamentaux de Riemann  en physique furent  le résultat de sa compréhension d'un  corps unique, inclusif,  de *loi naturelle*; droit naturel  dans le sens où les chrétiens néoplatoniciens comprirent  les implications de «l'hypothèse de  l'hypothèse supérieure» de Platon.

Riemann a refleté cela dans son exposé «Sur les hypothèses qui servent de fondement à  la géométrie»,  mémoire présenté  lors de son admission au poste de  professeur à Göttingen. Dans ce mémoire, Riemann a  résumé l'idée suivant laquelle l'univers n'est  pas  gouverné par un ensemble de lois fixes,  au sens où des lois  fixes pourraient  être représentées sous  la  forme ordinaire d'équations algébriques simultanées.

L'univers est  gouverné par un ordre plus élevé d'organisation, de telle sorte que pour toute action caractéristique  d'un domaine physique donné, dénoté  comme  étant de l'ordre  «n», il existe un principe plus élevé et déterminant d'action universelle, un principe exprimé par le développement du domaine physique  «n» dans un domaine d'un ordre plus élevé  dont l'action  caractéristique est désignée par «n+1».

Cet  aspect de Riemann  a été la clé décisive qui m'a  conduit à  la  solution du problème crucial  en économie  politique. C'est  ma démonstration empirique réussie de  la validité de  la conception riemannienne dans le domaine des processus économiques  qui  mena mes collaborateurs et  moi-même à des découvertes corollaires  dans  les domaines spécialisés de la physique des plasmas  et  de la biologie.

Mes accomplissements combinés  en philosophie, en  science économique et leurs  corollaires en physique et  en biologie, mènent à la conclusion que ma contribution  la plus fondamentale aux  formes quantifiables du savoir  est celle  d'avoir apporté une nouvelle signification  rigoureuse  au terme «d'anentropie».  Mon usage de cette  notion «d'anentropie»  en analyse économique et dans  ladite science physique intercepte exactement le principe  générateur  de «n+1» que Riemann présenta dans son  mémoire. Il intercepte aussi la conception de  «l'hypothèse supérieure» telle qu'elle est élaborée par  Platon, par les premiers chrétiens néoplatoniciens, dans  la Métaphysique  d'lbn  Sina et dans les écrits pertinents  du  Cardinal Nicholas de Cuse.

Qu'il soit clair que  je rapporte cela simplement pour  dénombrer  les questions scientifiques au cœur de mon  sens d'identité personnelle. Plus largement,  j'identifie  par là même les principes rigoureux qui gouvernent  mon activité politique, et  qui, plus  étroitement, m'ont  fait adopter et lancer mon «Opération  Lafayette» pour  le Québec.

Ces questions scientifiques recoupent les accomplissements scientifiques  et la vision philosophique de  Riemann et ne déterminent  pas seulement  une conception  supérieure de  l'économie et  desdites sciences physiques. Ces questions  nous  permettent aussi  de développer une  démonstration  de la nature fondamentale de notre  univers,  démonstration des plus  rigoureuses  et ayant  une base empirique. Par ce moyen, nous pouvons  dériver une conception rigoureuse de la signification  exacte de l'homme et des buts d'une vie humaine  individuelle à  l'intérieur de la conception de la nature  de l'univers pris globalement.

Comme cette exposition sera lue  par des gens qui ne  sont  pas  familiers avec  mes autres écrits, je résumerai  deux illustrations souvent  utilisées dans des buts semblables par le passé. D'abord, j'illustre la signification du  principe générateur «n+1» de Riemann comme il  s'applique auxdites sciences physiques, Ensuite,  j'illustre,  avec  l'aide de références à  la *Commedia* de  Dante Alighieri,   la réflection parallèle de ce même  principe  dans  le développement de la vie  mentale et  politique.

Dans le premier cas, on doit examiner rapidement les  preuves  empiriques de l'histoire connues de notre propre  planète.

Dans son histoire géologique, notre planète fut  d'abord dominée par ce que nous appelons des «processus inorganiques», ou, en d'autres termes, le genre  de processus pouvant être expliqués de façon adéquate  par ce  que nous continuons d'associer aujourd'hui avec  la physique  inorganique et  la chimie. Dans une deuxième  phase de l'histoire de notre planète, la période  paléontologique, ce «processus  inorganique» a  conduit  à  l'émergence  de processus vivants, constituant ensuite  une biosphère auto-développante.

Dans  une troisième  phase de l'évolution de la biosphère, émergea l'humanité, une humanité non déterminée par le type
de processus biologiques évolutifs caractéristiques de la
biosphère généralement, mais plutôt par le potentiel
mental-créateur qu'a l'homme de modifier son comportement
à travers ses progrès dans la maîtrise volontaire
et effective de l'organisation cohérente de l'univers.

Ces trois conditions, abstraites pour une analyse
séparée, sont caractérisées respectivement par trois principes ordinateurs différents. Dans le premier, l'action
caractéristique est en apparence expliquée adéquatement,
jusqu'à un certain point, par le genre de constructions
pouvant être fondées sur les axiomes de la physique
de Lagrange, ou au moins sur les progrès par
rapport à la physique de Lagrange accomplies par les
hydrodynamistes français et allemands du XIXième
siècle. En général, la caractéristique avancée est souvent vue, même si c'est à tort, comme étant consistente avec
un principe d'entropie universelle.

Dans le deuxième
principe, celui de la biosphère où se produisent des
améliorations dans les qualités thermo-dynamiques de
la biosphère associées à l'évolution de nouvelles espèces,
on décrit une anto-évolution directe de la biosphère
selon la direction donnée par le principe thermodynamique
d'anentropie biologique. Le troisième principe,
la raison, c'est-à-dire le développement évolutionnaire
de sociétés à qualité thermodynamique plus élevée,
s'accomplit par la perfection de la raison, et non par le genre de déterminations biologiques apparemment caractéristiques
de la biosphère en général.

À titre d'illustration,  nous pouvons désigner la caractéristique
de chacun de ces trois domaines respectivement
par les symboles «n», «n+ l», «n+2». Ces domaines
sont distincts, mais agencés de façon causale dans deux
sens complémentaires. Le plus élevé émerge du moins
élevé par une action causale initialement localisée dans
le moins élevé. Les domaines coexistants sont aussi
causalement efficaces l'un sur l'autre; chacun agit efficacement
sur les deux autres, tout comme l'homme
intervient délibérément, avec l'aide de son existence
biologique, dans le domaine inorganique, et tout
comme une éruption volcanique tue plantes et animaux,
ou comme une maladie de l'organisme biologique
amène chez l'individu l'affaiblissement ou la cessation
de l'activité de la raison.

La continuité causale des trois domaines suffit à
démontrer l'existence d'un ordre supérieur de causalité
que nous pouvons indiquer par la lettre majuscule «N».
Ce principe supérieur recoupe «l'hypothèse de
l'hypothèse supérieure» de Platon et le principe générateur
«n+1» de Riemann.

Dans un traitement plus rigoureux de cette question
nous devrions adopter la définition des ordres physiques
transfinis de Georg Cantor: «n», «n+1», «n+2», chacun
représentant un ordre transfini par rapport à tous les
ordres subordonnés à l'intérieur du domaine correspondant.
«N» représente l'ordre qui sous-tend les transfinis «n», «n+ l»,  «n+2». L'existence d «N» constitue  «l'hypothèse supérieure» alors que la nature de «N», y
compris sa  portée sur l'ontologie de l'univers pris entier, est le sujet de «l'hypothèse de l'hypothèse supérieure».

Cette démonstration prouve de façon concluante que
la notion d'univers physique, telle qu'elle est représentée
en termes scalaires, de discontinuités axiomatiques, et
de distinctions a priori d'espace, de rotation, de masse,
de charge électrique, etc., est au mieux une notion
inadéquate. C'est une folie présomptueuse de s'imaginer
que les aspects les plus fondamentaux de notre univers
dans son ensemble doivent être déduits à partir de
processus de division qui cherchent à réduire la matière
en tant que telle à ses éléments les plus petits, et
présumés indivisibles; et aussi de supposer que les plus
petits éléments imaginés doivent pouvoir se définir dans
les termes de notions ontologiques scalaires les plus
simples.

Au contraire, on démontre que l'univers est
premier seulement en tant que totalité. L'univers n'est
pas un ensemble fixe de particules simples et interactives;
c'est un univers qui, en tant que tout, n'est pas
simple, c'est un tout auto-subsistant, se développant
lui-même de façon créatrice, un univers continuant à
élaborer des qualités supérieures à lui-même.

Nous touchons là le noyau des contributions d'Ibn
Sina et du Cardinal Nicholas de Cuse sur l'ontologie de
l'univers; voilà aussi la base scientifique qui, selon
Platon, Philon et les principaux néoplatoniciens prouve
le principe de consubstantialité du Christ, dans
l'univers, et dans la question de la Trinité. Après avoir
ainsi démontré la nature de l'univers, il nous reste à
examiner le problème connexe du processus de perfection
des potentialités de la raison humaine.    La *Commedia*

de Dante Alighieri reste encore le meilleur modèle
de ce problème. Par quel processus la raison humaine
peut-elle se perfectionner en accord avec le principe
créateur qui règle et détermine l'univers? Et comment
expliquer le fait que, généralement, l'humanité n'arrive
pas à mettre ce genre de perfection en pratique?

La *Commedia* est divisée, comme la plupart des gens
le savent, en trois grandes sections: «l'Enfer», le «Purgatoire»,
et le «Paradis». Ces divisions doivent être
comprises comme trois domaines distincts, selon la
même idée générale où nous distinguons les domaines
de «l'inorganique», de «la biosphère» et de la «raison»
dans ce que nous venons d'illustrer.

Au plus bas niveau, dans «l'Enfer», l'homme est
philosophiquement un existentialiste. Il est dominé par
ses appétits physiques et autres pulsions connexes. Il est
aussi un être irrationnel, comme tous les existentialistes
d'aujourd'hui qui sont dans la lignée infernale des
pseudo-philosophes Sartre, Heidegger, Von Hayek, Popper
et cie.

Un être irrationnel, ou un petit groupe hétéronomique
poursuit ses impulsions sans égard aux réactions en chaîne qu'elles entraînent et sans  considération  des  conséquences sur le plan universel.    Dans la *Commedia*

,  le comte Ugolino mangeant ses enfants dans une cellule  de prison, et rongeant éternellement un crâne  dans le  septième cercle de l'enfer, est le  prototype des disciples  de Sartre, Heidegger et Von Hayek. Dans sa description  de l'«Enfer», Dante démontre l'inefficacité du «principe»  existentiel, c'est-à-dire, comment l'homme est conduit  à une perversité croissante, et ultimement dans le «Trou»  même. Celui qui suit ses pulsions sans les mettre en  question comme c'est le cas du personnage de Dante  pendant la visite de «l'Enfer», ou bien descend irrévocablement  dans le «Trou»,  ou bien apprend à  se poser  des questions utiles à  partir de cette expérience, et ainsi  monte au niveau au «Purgatoire».

Au «Purgatoire», l'homme est encore gouverné par  le souci de gratifier ses appétits physiques, mais il  subordonne l'expression de ses impulsions à une critique  qui considère les conséquences de telles impulsions sous  leur forme existentielle brute. Cette mise en question  est aussi détaillée dans *La Critique de la Raison Pratique*  d'Immanuel Kant,  surtout dans la deuxième partie  intitulée «Dialectique de la Raison Pratique». On supprime les impulsions dont les conséquences nuiraient au  bien-être général et nuiraient par là même à  l'individu,  ou on  les change quant à  leur expression en des types  d'actions qui ne mènent pas, visiblement, à de mauvaises  conséquences  pour l'individu et la société. Cette phase  d'amélioration,  Kant la nomme «négation».

Cependant, à  mesure que l'homme se développe au  cours de son ascension dans les différents échelons du  «Purgatoire», son amélioration n'est pas gouvernée  simplement  par une négation des impulsions connues  pour leurs mauvaises conséquences. L'idée de moralité,  le poids du bien par rapport aux mauvaises conséquences, devient une notion que  Kant nomme «la  négation de la négation».  L'homme ne réprime  pas  seulement les impulsions indésirables dans le but  d'éviter la réaction en chaîne de leurs conséquences.  L'homme agit au nom de la moralité  par une question  de principe.

Il subordonne ses appétits biologiques et  impulsions connexes dans le but de parvenir au statut  d'être moral.

Cependant, il y  a une lacune grave dans  cet état  Kantien de la morale. La fin pratique du développement  de l'individu à  l'intérieur du «Purgatoire» est le «Paradis  terrestre»,  la gratification des appétits  en des termes  acceptables selon les principes moraux régissant les plus  hauts niveaux du «Purgatoire».  Le «Paradis terrestre»,  est au «Purgatoire» ce que le «Trou»  est à  l'expérience  de «l'Enfer». La mort inévitable du mortel annule la  valeur du «Paradis terrestre».

Quelle sera la valeur  éternelle de la richesse,  du statut social, et de choses  similaires  pour le décédé? *C'est une vie sans justification  ou but durable.*

Le guide Virgile ne peut pas mener Dante à la  solution de ce problème. Dante doit passer au «Paradis»  à  travers les  flammes pour s'assurer d'un remède contre  le  misérable  but du «Paradis terrestre».

La différence caractéristique entre les domaines du  «Purgatoire» et du «Paradis» est la suivante. Au «Purgatoire», l'homme se sert du potentiel de la raison  perfectible  pour informer et transformer la manière  dont il poursuit ses buts mortels, par exemple le «Paradis  terrestre». Au «Paradis», l'homme accomplit un changement fondamental en se tournant vers l'essentiel de son  identité «interne».  Alors  qu'au «Purgatoire», l'*écho* *de  la Raison*

existe en fonction de l'être biologique de  l'homme,  au «Paradis,» l'existence biologique et ses  pouvoirs potentiels  sont au service de la Raison. Au  «Purgatoire», la conscience de l'être rationnel est comme  «plaquée»  sur le sens du soi qui est associé surtout à  l'individualité biologique.  Au «Paradis», le corps que  l'individu identifie comme  étant le  lieu de lui-même est  le processus de développement associé à  la perfection  de la Raison, au  soi  divin, dont l'individu mortel,  biologique dépend comme un serviteur de son maître.

Dans la progression du  « Paradis» de la *Commedia*,  nous accédons graduellement au chant de l'empyrée.  Ceci est l'état de la connaissance de «l'hypothèse de  l'hypothèse supérieure».  Ce chant complète, et achève  la  *Commedia*. Le soi-développement ordonné selon le  principe «n+2»  a  convergé  sur le point à  partir duquel  la  connaissance  du processus de perfection «n+2» englobe le principe premier «N», lequel est le principe  gouvernant le contenu de la  *Commedia*, permettant à  Dante d'accomplir l' ascension de «l'Enfer» au «Paradis» via  le «Purgatoire».

Ce que le chant de l'empyrée exprime,  c'est la conscience de l'identité  du principe «N»  gouvernant toute  la  *Commedia*. Ce même principe est fondamental pour  comprendre l'idée riemannienne de  la totalité universelle. Celà n'est pas apparent au lecteur qui ouvre le  livre directement au  chant final;  le lecteur doit lire ce  dernier chant comme la culmination  de l'expression de  la lecture de tous les chants précédents de la  *Commedia*.

Parvenu à un tel état de connaissance, comment  l'individu  se  définit-il?   Dans le pouvoir de la Raison  qu'il  a découvert de cette manière, il  reconnaît le *divin*  de l'humanité, et sait pourquoi cela doit  être reconnu  comme  *divin*.

Dans la perfection de sa potentialité pour  la Raison, la connaissance de l'homme est  en accord  avec la loi universelle gouvernant le développement de  l'univers entier.   C'est dans ce sens  que *l'homme est,  de  façon unique, à  l' image  du Créateur, et que l'homme se  reconnaît correctement devoir être l'instrument de la  création continue*—dans le sens indiqué par Abélard de  Paris et d'autres. L'homme doit incorporer le principe  «n+ l», générateur de l'univers, en vue de fournir des  contributions créatrices  dont il  est l'auteur ou dont il  est le médiateur  pour le progrès de l'ensemble de la  pratique humaine.

C'est le seul sens d'identité par lequel une personne  vraiment sage puisse contrôler son sens personnel  d'identité interne ou son engagement dans la pratique  sociale.  Voilà quels  sont mes engagements.

Je ne désire aucunement la position de Président des  États-Unis comme  le font certaines personnes, pour  satisfaire  des désirs de «Paradis terrestre». C'est seulement dans la mesure  où je me trouve obligé de prendre  cette responsabilité,  parce que le bien-être de l'humanité  l'exige, que  je recherche cette position ou que je me vois  obligé de la rechercher. Le «Purgatoire»  est le lieu où la  plupart des hommes publics passent leur vie. Mes buts  personnels se trouvent dans un autre domaine.

**Ma vision politique**

Même si ce que je viens de développer va au-delà des  arguments spécifiques de la plupart de ceux qui sont,  à  proprement parler, dans la lignée de mes prédécesseurs, l'argument établi n'est  qu'une reconfirmation de  la conception de *loi naturelle* associée aux courants  augustiniens de la chrétienté apostolique ainsi  qu'aux  adversaires de la tradition moderne du droit romain tels  .  que Leibniz.

La notion d'un corps connaissable  de loi naturelle,  connaissable dans le processus de perfection de la  raison, a été pour l'essentiel exposée précédemment  dans ce rapport.  On parvient à  une approximation de  la même conception en étudiant l'histoire de l'homme.  L'examen des causes des différents progrès et régressions de la croissance de la population, et  du développement de l'individu moyen dans différentes sociétés,  débouche nécessairement  sur deux découvertes connexes  fondamentales.

Premièrement, c'est uniquement  par le progrès technologique dans le mode  de production de richesses  tangibles correspondant aux besoins de l'homme que  l'homme surmonte la tendance à  l'épuisement desdites  ressources naturelles,  et que l'homme accroît sa population  et améliore sa qualité de vie. Les moyens par  lesquels le genre humain accroît sa population et ceux  grâce auxquels il  surmonte «l'Enfer»  de la dégradation  morale du sauvage, sont essentiellement les mêmes:  par  le progrès technologique, fruit et réflexion du progrès  dans la maîtrise volontaire de l'ordination nécessaire de  l'univers physique: la science.

Deuxièmement, ce progrès est unique à l'homme  entre toutes  les espèces, et exprime la distinction fondamentale entre l'homme et la bête de somme ou le  perroquet bavard. L'accès à la raison perfectible, typéfié  et cohérent avec le progrès scientifique el technologique, est la source du pouvoir qu'a le genre humain  d'exister,  d'accroître sa population  et d'améliorer ses  conditions de vie au delà de la  quasi-bestialité d'un  mode de vie bucolique de croissance zéro.

À cet égard, les buts matériels et moraux de  l'existence humaine se rejoignent pour former irréfutablement un seul  et unique principe. L'homme a  absolument besoin  du progrès technologique pour la perpétuation de l'existence matérielle et biologique de son  espèce. Sans le progrès technologique, l'homme régresse  moralement dans une quasi-bestialité et s'enfonce dans  une spirale de décadence matérielle et sociale débouchant sur quelque nouvel âge des ténèbres. Si l'homme  se considérait comme un simple animal, alors la  propagation matérielle de l'espèce serait la chose la plus  importante, et les bienfaits matériels du progrès physique-scientifique tendraient à  être vus comme un impératif suffisant en soi.

Que l'homme s'attache alors à  ce qui  le distingue de la bête de somme ou du perroquet,  son besoin impératif le plus fondamental doit être  moral. Dans ce cas, à  l'instar  du changement d'identité  lors de la progression  du «Purgatoire» au «Paradis», le  progrès matériel devient le moyen indispensable,  et non la  fin. Le progrès matériel consiste à  fournir les conditions de vie dans lesquelles le potentiel mental créateur de l'homme devient le critère premier pour évaluer les individus et ordonner les relations entre  les individus d'une société.

Les points fondamentaux que  nous venons d'évoquer  définissent un corps de connaissance que nous  appelerons  *corps de connaissance de la* *loi naturelle.*

Cette conception a  des ressemblances politiques avec les notions plus  restreintes de «loi naturelle» s'appliquant (fort inadéquatement), à  l'idée de lois physiques universelles. La loi naturelle,  comme  la gravitation, ne peut pas être changée par un vote  populaire, pas plus qu'elle  n'est proprement sujette à  modification  par un juge ou un législateur. Les gouvernements se doivent de découvrir  la loi naturelle et de gouverner leur action à  partir de cette connaissance.  Un corps  de loi positive qui procède en sublime indifférence ou en opposition à la loi naturelle est  abomination  immorale—en témoigne la tradition juridique anglaise.

Dans  les états qui gèrent leurs affaires d'une façon morale,  nous avons la hiérarchie juridique suivante; Au plus haut rang, et supérieure à tout autre droit, nous trouvons le  *droit naturel*.  *Immédiatement inférieur* au droit naturel en qualité et en autorité hiérachique nous avons  *cette forme de droit constitutionnel* créée au service  du droit naturel. Inférieur au droit constitutionnel,  avons le droit positif ordinaire, représenté par les textes  législatifs et les décisions spécifiques des juges. Les accords contractuels entre les personnes et les entités se trouvent au plus bas niveau d'importance et d'autorité.

Cette hiérarchie  du droit nous envoie encore à la *Commedia* de Dante Alighieri. L'humanité n'a pas atteint dans l'ensemble  le degré de moralité et de connaissance correspondant au chant final de  l'empyrée,  mais végète sur  le plan moral et intellectuel dans les divers échelons de «l'Enfer, et du «Purgatoire».  C'est  pourquoi le gouvernement des affaires de  l'humanité exige que l'*influence de la* *loi naturelle* se  reflète dans l'organisation interne des états et dans leurs  rapports—et ce quelle que soit l'imperfection morale et  intellectuelle de la grande majorité des membres de la  société.

Aussi, dans  les plus grands moments d'élévation  morale d'un peuple, la sagesse nous dicte de consolider  cette élévation momentanée par l'adoption de constitutions. Ces constitutions  ont deux principales  fonctions connexes.  Premièrement, l'action du gouvernement de l'état doit être gouvernée  par des dispositifs de contrôle et d'équilibre tels qu'aucune majorité  de citoyens ne puisse irrémédiablement engager  la  nation dans une direction contraire aux impératifs tirés de  la loi naturelle*,*

Deuxièmement, le critère de citoyenneté  sera défini de manière restreinte dans le but de minimiser, sinon d'éliminer l'accès à  l'électorat des aliénés  mentaux, des criminels, et des  individus immatures  comme les enfants et les adolescents, et de minimiser  aussi l'influence des autres sections de la population qui  sont gouvernées  par des impulsions irrationnelles (existentialistes).

Ajoutons que les  lois constitutionnelles compatibles  avec la loi naturelle prescrivent un engagement inaltérable en faveur du progrès scientifique et technologique, la prohibition des méthodes usuraires de pillage  de la richesse d'une nation au détriment du développement progressif des capacités productives et du bien-être moyen de la population,  et prescrivent enfin la  promotion  du progrès moral et intellectuel de tous les  ressortissants de l'état considéré.

La constitution des États-Unis est exemplaire des  efforts nécessaires  pour la satisfaction de telles exigences  en ce qu'elle souligne l'importance de mécanismes de  contrôle et d'équilibre. Trois branches distinctes de  gouvernement fédéral, un Président, un Congrès et une  Cour fédérale, furent pourvues  d'une répartition bien  déterminée des pouvoirs. Le Congrès fut divisé en deux  branches, pour éviter en particulier cette sorte  de folie  qui s'était emparée de l'unique Chambre législative  corrompue de Pennsylvanie dans  les années 1780. Le  Président ne fut pas choisi par élection directe, mais par  les délibérations d'un corps élu intermédiaire: le Collège  électoral.

La branche supérieure  du législatif, le Sénat,  fut constituée  de telle sorte qu'un tiers seulement  de ce  corps soit soumis à  réélection tous les deux ans—un  autre frein contre le  danger de quelque folie épisodique  dans la majorité de l'électorat.

L'objectif global  et nécessaire de tels «contrôles  et  équilibres» est de forcer le gouvernement à  réfléchir aux  conséquences de ses politiques  et de ses actions, l'accent  étant  mis sur les conséquences dans les années à venir  et pour  les générations futures. Dans la terminologie de  Kant, la fonction des mécanismes de «contrôle  et  d'équilibre» est d'assister les processus que Kant associe  à  la «négation de la négation», de garantir que la qualité  des décisions ne tombe pas plus  bas que celle du  «Purgatoire».

Dans les meilleures constitutions  en existence aujourd'hui (la plupart des constitutions nationales en existence aujourd'hui ne  sont qu'une farce grotesque, un simple «minestrone» de quelques morceaux arbitraires de loi positive que quelques apprentis-cuisiniers  ont laissé tomber dans la soupe) dans les  meilleurs cas,  donc, la  moralité kantienne est le plus  haut niveau  moral atteint  par la moyenne de la population adulte. Aussi les constitutions  sont-elles sujettes  à  une limitation:  les effets de la loi naturelle doivent  être réalisés  en informant la conscience des citoyens du  «Purgatoire»—puisque ceux qui ont atteint l'état de  Raison (le «Paradis» de Dante)  sont exceptionnels et  peu nombreux.

Nous qui représentons le point de vue  de la Raison  devons modeler les affaires des nations  en présentant  notre connaissance et nos propositions sous une forme  compréhensible  pour les citoyens du «Purgatoire». Telle  est la  signification pratique de la distinction entre la loi  naturelle  et la loi constitutionnelle. Nous sommes habituellement obligés de défendre les bonnes politiques  dans  les affaires publiques en référant aux conséquences  de ces politiques  du point de vue du «Paradis terrestre».  Ce faisant, il nous faut  autant que possible souligner  les considérations supérieures  de la loi naturelle.

En général, la mission des hommes  et des femmes de  Raison  prend la forme suivante.

L'être humain naît pratiquement   à l'état de bête existentielle  tout en faisant preuve dès après les premières heures des potentialités caractéristiques de la  raison. La tendance existentielle prédomine chez la  plupart des jeunes gens  jusqu'à l'adolescence; stade où  la plupart des individus circonscrivent leur développement moral dans les limites du «Purgatoire». Les personnes  les plus infortunées n'arrivent jamais au «Purgatoire», mais restent irrationnelles, existentialistes et  torturées  durant toute leur vie interne. Ces deux catégories de personnes constituent les «moutons» de la  société civile, avec  la distinction heureuse que les citoyens moraux  du «Purgatoire» se montrent périodiquement capables d'élévation dans leurs caractères, leurs  conceptions,  et leurs engagements, touchant en de tels  moments les qualités supérieures de  la Raison.

Cette  condition de l'humanité d'aujourd'hui est le  reflet d' un progrès  significatif dans les conditions morales  et intellectuelles de l'homme urbanisé depuis que  les nations ont fui l'imbécilité morale et intellectuelle  du travail rural dont les formes étaient relativement  fixes et bestialisées. Mais, sans dénigrer injustement  ce  qui a  été accompli par  le travail du passé, l'humanité  est encore loin de l 'état de Raison que seule une  minorité de  personnes adultes atteignent.

Il nous faut  du recul, dans notre imagination, par rapport aux circonstances particulières du *hic  et nunc*  Il nous faut comprendre le processus par   lequel la  Raison s'est engagée dans la poursuite d'un combat  millennaire.  La «Cité de Dieu» de St-Augustin est un  état encore très éloigné du développement  actuel de  l'humanité.

Même s'il nous faut travailler avec la plus  grande énergie à faire entrer le plus  grand nombre  possible d'individus directement dans le royaume de la  Raison dans l' espace de notre vie, nous devons être  prudents dans nos espoirs: nos vies éphémères  et mortelles,  et le travail de  ces vies ne sont qu'un court  moment dans un grand travail continu qui s' étend sur  des milliers  d'années. Nous travaillons non pas pour  obtenir  le «Paradis» pendant notre vie, mais pour avancer la condition de l' humanité d'un pouce  ou deux, et  de combattre les influences mauvaises,  existentialistes,  qui menacent de plonger la condition humaine en  arrière  vers la bestialité hideuse de quelque nouvel âge  des ténèbres.

Voilà l'image que nous devrions avoir  de  notre soi le  plus intîme.  Et tel est le travail  et le dévouement  desquels nous devrions à juste titre éprouver de la  joie—que nous sommes nés et nous nous sommes développés  pour contribuer notre part au développement de  l'humanité.

Voilà  l'ultime sagesse guidant la pratique politique.

**La «conspiration invisible»**

Ceux qui parmi nous ont fait de la  loi naturelle le  guide  de leur action constituent  consciemment et délibérément une  sorte  de conspiration internationale néo-platonicienne. Malheureusement,  nous ne nous  sommes  pas rassemblés en une conspiration formelle depuis  plusieurs décennies, depuis environ la  mort du Marquis  de  Lafayette, en  1834. Cependant le potentiel  de cette  conspiration persiste: nous  travaillons dans un but  convergeant partout où nous sommes et nous cherchons  ce potentiel derrière chacune des personnalités prometteuses que nous rencontrons, espérant trouver en elle  un nouveau collaborateur vraiment des nôtres.

Même  si j'ai évolué dans cette direction générale  depuis ma prime adolescence  et ma conversion au point  de vue philosophique de Leibniz, la décision de mobiliser directement des réseaux internationaux  de néoplatoniciens  pour former une coalition consciente de forces  déterminantes n'a commencé à prendre forme qu'en  1974, et à  se cristalliser  dans sa forme politique actuelle  durant l'été et l'automne  1975. Ce tournant décisif s'est  concrétisé  à partir du moment où il  est devenu évident  que  les prises de décisions des diverses  forces politiques  dans le monde étaient fondées  sur des catégories qui,  tragiquement, ne correspondaient pas à  la réalité des  principales impulsions politiques en conflit.

A mesure que des développements, commençant en  janvier 1974,  ont  mené  mes associés et moi-même en contact de plus en plus intime avec différents cercles  gouvernementaux importants et avec d'autres cercles de  grande influence à  l'intérieur et à  l'extérieur des États-Unis,  il était devenu évident que les décisions politiques  n'étaient pas prises, comme il est généralement suggéré,  au gré de l'influence réciproque des factions  nominales  existantes.  Le fait est que des courants relativement  bons d'ordinaire agissent simultanément  et côte-à-côte  avec des éléments mauvais à  la direction de la plupart  des partis politiques au monde.

Même si des courants  organiquement orientés vers les impératifs  de la loi  naturelle sont présents dans plusieurs partis et associations influentes, il demeure que  leur développement  conscient est plus  ou moins inadéquat et qu'ils sont  aisément désorientés par l'influence d'éléments corrompus dans  les mêmes cercles.

Il était donc clair que mes associés et  moi-même  devions  insuffler deux nouveaux éléments dans  le processus politique international. En général, il  nous fallait  tenter de catalyser la  formation de  larges réseaux pro-néoplatoniciens, de rechercher les personnalités influentes de premier plan et secondaires ayant adoptés  plus ou moins délibérément  le  point de vue  de la loi  naturelle, et  ce faisant, de promouvoir des alliances  programmatiques au-delà  des clivages des  partis et des  nations.  En même temps il  nous fallait travailler à  corriger l'inadéquation stratégique des forces influentes  avec lesquelles nous nous trouvions en accord moral  et  pratique.

A titre de référence  et dans un but pédagogique, nous  avons combiné  ce double effort à la publication de  travaux  retraçant l'activité de réseaux internationaux  centrés sur le  Marquis de Lafayette  au début du XIXième siècle, et autour de Benjamin Franklin avant lui,  et plus tôt, autour de personnalités telles que Leibniz,  Colbert,  et le leadership du Commonwealth Party anglais durant le XVIIième siècle.   Le  rôle de Dante  Alighieri,  de Pétrarque après  lui, et des réseaux augustiniens  représente également autant de points de référence indispensables.

Ces activités, majeures dans notre travail de  1974–1975, nous ont aidés à  mieux  déterminer la situation  stratégique actuelle et les tâches requises grâce à la  connaissance de situations  cruciales comparables dans  le passé. Notre perspective politico-programrnatique  générale a  beaucoup gagné  par cet effort continu.

Notre politique envers le Québec est  l'un des résultats  directement subsumés sous cette vision stratégique  améliorée.

Le problème stratégique  central  de cette période de  crise est que  les forces internationales dirigées par  l'oligarchie britannique se sont vouées à  l'arrêt total du  progrès technologique  dans le monde.  Pire encore,  les  cercles britanniques dirigeants-dont le London *Royal  Institute for  International Affairs*

(RIIA) est l'une des  émanations, entendent plonger la planète dans un «nouvel âge des ténèbres» et ceci dans le but explicite de réduire la population mondiale de quatre milliards à  deux milliards d'habitants d'ici l'an 2000. L'arrêt du  progrès technologique combiné avec la «désintégraton  contrôlée» de toutes les économies y  compris les États-Unis, est aussi la politique déclarée de la principale  branche du RIIA aux États-Unis, Le Council on Foreign  Relations (CFR) de New York. Les politiques déclarées  du CFR sont actuellement exécutées par  l'administration Carter, contrôlée par le CFR, et sont  aussi les politiques de chacun des candidats présidentiels  des partis Républicain et Démocrate, y compris la  marionnette Haig.

Jamais une politique aussi bestiale  et infernale a-t-elle  été adoptée dans l'histoire des nations modernes. Même  le régime nazi pâlit en comparaison de ce que les cercles  britanniques dirigeants et leurs confédérés américains  proposent d'accomplir.  Il n'y a rien de comparable  depuis les Guelfes Noirs, qui lancèrent un programme  de génocide et de dépopulation de l'Europe culminant  dans la Peste Noire au milieu du XIVième siècle.

Il y a plus qu'une simple similarité entre les politiques  du RIIA-CFR et des Guelfes Noirs du XIIIième siècle.

Non seulement la monarchie hannovrienne  d'Angleterre prit le nom «Guelph» (en allemand «Welf»),  mais l'oligarchie écossaise se rattache aux Guelfes Noirs  depuis Robert Bruce, et la majorité de l'oligarchie  anglaise est liée à  la faction génoise (guelfe noir) depuis  la montée au pouvoir  des Cecil et l'accession au trône  de James Ier d'Angleterre en 1603. L'actuelle noblesse  noire liée au terrorisme en Italie, l'Union pan-européenne des Habsbourg, les vicieuses familles oligarchique coptes de la Méditerannée orientale, et les familles «aristocratiques américaines» du CFR et les  familles oligarchiques dirigeantes britanniques perpétuent consciemment les politiques  et conceptions des  Guelfes Noirs des XIIIième et XVième siècles.

Le combat est plus ancien encore. Les centres historiques de la faction noble noire d'aujourd'hui sont  Rome et Gênes. Ces familles tirent leurs lignées biologiques et leurs traditions politiques directement de la  famille d' Auguste et de Néron César, d'où la famille  noire  des Colonna descend directement. C'est contre  cette incarnation du mal dans la culture romaine que  St.

Augustin se battait. Tel est le mal que la chrétienté  apostolique combattait à  l'époque de  la collaboration  de St. Pierre et de Philon d'Alexandrie contre le culte  de Simon le Mage à  Rome. Tel est le mal associé au  culte ptolémoïque d'Isis, à ce que St.

Jean avait nommé  la «Putain de Babylone» et qui devint plus tard la source  du culte d'Apollon à  Delphes.

Contrairement à  ce que dit le manichéisme, le Bien  et le Mal ne sont pas simplement deux forces antagonistes se disputant l'hégémonie sur l'univers. Le «mal  pur» existe bien en tant que force organisée dans le  monde, et diffère de la simple susceptibilité qu'a  l'homme de s'abaisser à des irrationalités bestiales  comme celles de l'enfant de deux ans,   ou comme  l'infantilisme existentiel des adolescents  ou des adultes.  La «Putain de Babylone» est l'identification biblique de  ce mal qui est aussi la tradition politique continue de  Babylone au  cuite d'Apollon à  Delphes, des dirigeants  de la Rome impériale jusqu'aux Guelfes Noirs  et à  l'oligarchie britannique actuelle.

Cette tradition est  au  cœur de l'histoire organisée des migrations de la «Putain de Babylone»  jusqu'à aujourd'hui.

De ce point de vue on peut identifier ainsi le principal  problème  interne—«Tory»-des États-Unis aujourd'hui.

La faction «Tory» prit son essor chez l'oligarchie  esclavagiste de Virginie et les banquiers de Manhattan  liés à Londres  durant la période de l'adoption de la  Constitution américaine et est représentée aujourd'hui par un groupe ridicule mais puissant de familles «anglophiles.» Ces familles se sont dégradées elles-mêmes  en s'imaginant être une branche cadette des forces  combinées des familles oligarchiques écossaises  et anglaises. Ces cercles américains anglophiles baignent  dans  le culte d'Isis typique des universités d'Oxford et  Cambridge, ainsi que dans les doctrines «économiques»  immorales qui tiennent le haut du pavé principalement  à  Cambridge et à la London School  of Economies.

Ces  familles «aristocratiques américaines», autour  du CFR,  ne sont pas américaines dans le sens moral véhiculé par  l'histoire américaine, mais sont plutôt les compradores  de la subversion des institutions américaines  par  l'Angleterre.

Le problème central du monde aujourd'hui réside  dans le fait que les forces centrées à  Londres, représentant une politique de croissance-zéro, ont des réseaux  puissamment organisés sur le plan mondial. Non seulement contrôlent-elles les gouvernements de Grande-Bretagne, de Hollande, d'Israël, de Pékin  et des États-Unis en ce moment, mais l'oligarchie britannique  et ses  complices étrangers dans cette politique  du mal infiltrent les gouvernements  et les principaux partis politiques des nations qui,  par ailleurs, penchent vers des  politiques plus  ou moins en conformité avec la loi  naturelle.  Les ennemis de l'humanité sont bien organisés  en une force conspirationnelle internationale, une force  qui contrôle la masse la plus importante des richesses  dans le monde.

Les autres forces qui défendent la cause  de  la loi naturelle ou qui représentent une tendance  dans cette direction sont demeurées  surtout fragmentées.

La différence essentielle entre la situation actuelle  et  les menaces majeures des Guelfes Noirs contre la civilisation dans les siècles passés réside dans  le fait que  l'opposition aux politiques de croissance-zéro des  Guelfes Noirs n'est pas constituée  en une «conspiration  internationale» effective.  C'est cette fragmentation qui  a  permis aux ennemis de l'humanité, à  une petite force  oligarchique, d'amener le monde  si près des menaces  combinées d'une guerre thermonucléaire,  d'un génocide  du Tiers-Monde et  d'un retour à un nouvel âge des  ténèbres  pour une génération. En conséquence, voici deux tâches stratégiques décisives qu'il faut entreprendre:

D'abord, si  les États-Unis s'orientent  décisivement  vers une économie de guerre fascisante  dont les prémices  apparaissent clairement à  fois dans la politique actuelle  de l'administration Carter  et dans la candidature de  Haig, l'implication stratégique est la transformation des  États-Unis en une sorte de «nouvelle Allemagne Nazie»  des années 1980. L'implantation du fascisme aux États-Unis n'aurait pas la  même portée globale qu'au Chili,  en Israël  ou dans la Chine technologiquement arriérée.  Les États-Unis sont simplement trop puissants  pour  que le cours des évènements mondiaux n'en soit changé.

Faute  de me soutenir, moi et mes associés, dans la  présente situation,  les États-Unis passeront   sous le  contrôle d'un nouvel Adolf Hitler. Quiconque a de  l' influence  et refuse de regarder cette réalité en face est  victime de sa propre ignorance des faits  et de ses  illusions bien-pensantes.  A moins que mes efforts ne  réussissent aux États-Unis, la population du Québec  ainsi que la majorité des populations dans le monde  seront  condamnées à des catastrophes inimaginables  dans  les années 1980.

Qu'aucune personne d'influence n'ose se dire morale  et honnête si elle ne se dresse pas maintenant  pour  m'appuyer dans mes efforts.

Deuxièmement,  et pourvu que l'on neutralise au  moins cette tendance fascisante aux États-Unis, il  nous  faut constituer rapidement une force hégémonique  globale, faite de républiques indépendantes,  et souveraines,  et fondée sur une *communauté de principes tirée  de  la loi naturelle*. Ces républiques souveraines doivent  agir de concert pour créer un nouveau système monétaire  basé sur l'or dont la fonction spécifique sera de  générer des crédits à  faible intérêt  et à  long terme pour  le développement des techniques de pointe dans  l'industrie et l'agriculture des pays en voie de développement.

*Cette communauté de principe entre républiques souveraines  vouées à la défense de la* *loi naturelle*, s'ajoutant  au type de système monétaire basé sur l'or propre à  satisfaire les  exigences de la loi naturelle, détruira une  fois pour toutes la faction oligarchique britannique  ainsi que toutes  les autres institutions monétaires malfaisantes qui sont  présentement associées aux  politiques  et pratiques de la Cité de Londres.

Les conditions d'existence et l'existence même des générations à venir exigent que l'on agisse maintenant  pour détruire cette force du mal que sont les puissances  oligarchiques basés en Angleterre. C'est  au minimum  ce qu'il faut accomplir. La loi naturelle n'autorise rien  d'autre. Une fois qu'on aura détruit cette force  du mal,  ici et maintenant, nous devrons faire un pas  de plus.

De  même qu'il fut nécessaire d'éliminer la classe esclavagiste  au pouvoir dans la Confédération au cours de la  Guerre Civile,  nous devons  couper  les racines économiques et politiques de cette classe pour nous débarasser  une fois  pour toutes du pouvoir millénaire de la «Putain  de Babylone.»

Cette victoire ne mettra pas fin aux manifestations  du mal dans le monde. La perfection de l'humanité ne  peut pas se réaliser aussi facilement. Mais nous aurons  détruit le principal pouvoir du mal organisé dans le  monde et, en conséquence,  enlevé toute crédibilité au  Manichéisme et aux autres doctrines perverses.

**L'avenir du Québec**

On commettrait une grave erreur de croire que je  suis un «séparatiste» parce que je soutiens l'idée d'une  république indépendante et souveraine  pour le Québec.  Je rejette totalement le  «séparatisme» *comme doctrine  politique  générale*. Il se trouve en effet que le Québec  devrait être libéré de la mainmise britannique au  Canada. *Ceci est nécessaire, non pas au nom du séparatisme,  mais parce que cette libération est la seule voie acceptable qui s'offre visiblement au Québec en ce moment.*

Ce sont les Britanniques eux-mêmes qui sont, en fait,  les «séparatistes». Ce sont les services de renseignements  britanniques qui  ont créé et qui contrôlent entièrement  le mouvement séparatiste basque en France et en Espagne. Ce sont les Britanniques qui tentent désespérement de créer un séparatisme Breton en France et qui  ont fait appel à  une poignée de gangsters Corses de  leurs propres services de renseignements  pour créer un  mouvement séparatiste Corse dont les effectifs  n'existent,  pour l 'instant, que sur le papier.

Pour prendre un autre exemple, examinons «l'Arc de  Crise» de Zbigniew Brzezinski. Ceci n'est pas une  invention  de Brzezinski: c'est une politique développée  par une branche des services secrets britanniques (SIS)  basée en Suisse  et présidée par Sir John Glubb Pasha.  C'est l'un des principaux centres  de coordination des  opérations anglaises contre le monde islamique, qui  dirige la Fraternité Musulmane contrôlant Ayatollah  Khomeini et qui travaille en collaboration étroite avec  le Renseignement Israélien ainsi  qu'avec  les organisations de renseignement politique dites «sionistes» mais  qui n'appartiennent pas spécifiquement au gouvernement d'Israël. Il existe également une intégration croissante entre  les forces combinées des Glubb Pasha et du  Renseignement Israélien avec  le Renseignement de la  Chine Communiste.

Le promoteur le plus en vue  de la doctrine de «l'Arc  de Crise» est le Britannique Bernard Lewis du SIS  qui  fut longtemps un des principaux adjudants de Glubb  Pasha et qui enseigne actuellement à l'Université  de  Georgetown et à  Princeton aux États-Unis. C'est Lewis  qui a endoctriné Henry A. Kissinger avec cette politique  qu'a reprise son successeur Brzezinski.

La doctrine de «l'Arc de Crise» de Lewis sous-tend la politique actuelle de l'axe Anglo-Américain-Israélien-Chinois. La déstabilisation de l'Iran coordonnée depuis  Londres ainsi que l'exécution de l'ancien Premier Ministre du Pakistan, Ali Bhutto, assassiné sous l'ordre des  amis de Glubb Pasha, font  partie  de ce même déploiement opérationnel.

Cette politique a  pour objectif la fragmentation  du  Pakistan, de l'Afghanistan, de la Syrie, de l'Iraq, de la  Turquie, du Liban, de la Jordanie, de l'Arabie Saoudite,  de la Libye, de l'Ethiopie et d'autres pays. Le plan  prévoit  le dépeçage du Pakistan  en trois parties, comprenant la création de deux nouvelles entités: le Pushtunistan et le Baluchistan. Le morcèlement de l'Iran  donnerait lieu à la création  del' Arabistan, le Kurdistan,  le Baluchistan, l'Azerbaijanistan et probablement aussi  l'entité du Turkomen. Le Kurdistan serait formé à partir  de morceaux de l'Iraq, de la Syrie et de la Turquie, avec  un «Alawitistan» que formeront des sections de la Syrie  et de la Turquie.

Le Liban sera divisé au moins en trois  parties. Ainsi de suite.

Cette politique britannique n'est pas réservée uniquement à  la  France, à  l 'Espagne et aux pays de «l'Arc de  Crise». Il s'agit d'une politique  et d 'une méthode de  déstabilisation que  les Britanniques entendent appliquer  dans la plupart des pays  du monde y compris la Grande-Bretagne elle-même avec la création d'États séparatistes  comme l'Écosse et le pays de Galles.

L'objectif général visé par de telles opérations séparatistes—le renseignement britannique ne s'en cache  pas—est de disloquer et de fragmenter les nations  existantes  à un point tel que la base objective de toute politique de développemen économigue nationale soit  effectivement détruite.

Il est nécessaire de souligner les faits suivants aussi  bien pour leur importance pratique que théorique, car  il y a certains éléments qui, au Québec,  ont été influencés  avec plus ou moins de succès par la version britannique  de la doctrine «séparatiste». Même si de telles personnes  semblent,  jusqu'à un certain point, soutenir le même  objectif d'indépendance du Québec que  je défends, nos  politiques  et nos  motifs sont par ailleurs directement  opposés.   Je me réfère principalement à  ceux qui, au  Québec,  se sont laissés influencer  par les soi-disant  Trotskistes se réclamant  de l'agent britannique Ernest  Mandel ou  par les réseaux terroristes liés au néo-fabien  *Institue for Policy Studies*

aux États-Unis. Par contraste,  et en  première approximation, on pourrait qualifier ma perspective sur l'indépendance du Québec de «gaulliste».

Examinons d'abord la position du Québec sous  l'angle du Canada dans son ensemble.

«Normalement» j'aurais tendance  à m'opposer à une  politique séparatiste  et préférais la constitution d'une  république fédérale plus large dont  les potentialités de  progrès économiques seraient à la mesure. Je souhaîterais voir se réaliser  au Canada des réformes convenables tant dans la perception que dans la politique et la  pratique des Canadiens. «Normalement,» de telles réformes seraient à même de fournir à une province  comme celle  du Québec les conditions  les plus avantageuses lui permettant  de réaliser tout ce qu'autrement  elle pourrait réaliser en faisant sécession.

Dès le départ, cette démarche  s'effondre en réponse  à  l'importante question:  *Dans son état actuel, le Canada  est-il  réformable?*  La majorité des principaux penseurs  du Québec connaissent la réponse à cette question: ce  que mes associés et moi-même avons été obligés de  découvrir avec  un certain effort soutenu. Dans son état  actuel, le Canada n'est manifestement pas réformable,  du moins pas sans une véritable révolution politique  qui briserait les liens avec l'Angleterre et reconstituerait de fait le Canada sous  la forme d'une république démocratique.  
Une fois les possibilités de telles réformes considérées,  on ne peut pas terminer notre évaluation avant d'avoir  considéré également *le  degré de probabilité*

avec lequel  chaque type de réforme possible  peut effectivement se  réaliser dans un laps  raisonnable de temps. Notre évaluation des probabilités nous force à  considérer deux  ensembles de conclusions. A condition que  les États-Unis retournent à  une politique républicaine démocratique de stimulation  du progrès technologique chez eux  et à l'étranger,  et à condition que les liens entre  l'Angleterre et  le Canada soient suffisamment affaiblis,  une forme pacifique de révolution politique pourrait  être réalisée au  Canada même si j'ai pu observer une  faction impérialiste dans certaines parties du Canada  anglais encore plus fanatique qu'en Angleterre-même.

N'ayant pas été forcés de vivre  l'effondrement et la ruine de l'économie industrielle britannique, certains canadiens anglophiles  ont le loisir d'entretenir le culte  de l'empire britannique avec beaucoup plus de sincérité et de ferveur qu'il n'est possible au pauvre peuple anglais lui-même. C'est la coalition entre l'autorité  1égale de  la Couronne et le système bancaire canadien  lié à  la Cité, Hong Kong et les Indes Orientales qui  nous mène à  la conviction  de la nécessité de prendre  des mesures énergiques pour arracher le Canada anglais  de ses illusions misérables.

En prenant toujours le  Canada dans son ensemble,  sans  pour l'instant considérer les spécificités du Québec,  quelles  sont les possibilités de promouvoir cette «cassure» qui permettrait aux Canadiens-anglais de l'Ontario et des Maritimes de secouer enfin l'oppression  qu'ils persistent à  maintenir en se l'imposant à  eux-mêmes?

Il y  a deux cas politiques et géographiques à  partir  desquels le Canada pourrait, politiquement, s'émanciper  de la  tutelle anglaise. Un de ces cas, c'est la Colombie  Britannique. Dans cette province, tout ferment  pour  l'indépendance s'orienterait indubitablement vers le rattachement avec les États-Unis—du moins, à  condition  que moi-même ou quelqu'un  d'autre représentant une politique pro-technologique similaire soit à  la Maison  Blanche. L'autre cas, c'est le  Québec.

A condition que  je sois moi-même à la Maison Blanche, la double  émancipation  de la Colombie Britannique et du Québec  forcerait  les provinces de l'Ouest à  suivre l'impulsion  de la  Colombie Britannique  et tirerait les Maritimes de  leur  torpeur. Même l'Ontario tendrait à  suivre irrésistiblement.

Il y  a  d 'autres alternatives mais elles nous conduiraient à  la même conclusion générale:  *l'indépendance du  Québec représente le choc nécessaire pour sauver le reste  du Canada!*

En arrivant à  de  telles conclusions, précisons que je  ne suis aucunement motivé par quelque désir d'agrandir  les États-Unis.

Depuis les travaux  de Nicholas de Cuse sur des  questions connexes au XVième siècle,  et particulièrement depuis que Louis  XI a  réussi à  créer la nation  française au cours  du même siècle, la politique des  républicains néo-platoniciens a  consisté à  promouvoir  la création  de républiques nationales souveraines—le  cadre le plus favorable  au gouvernement des affaires humaines. En poursuivant cette politique, nous atteignons un équilibre dans notre jugement entre  les avantages économiques décisifs que représentent  des États  dont le  territoire et la population  sont relativement  étendus d'une  part et, d'autre part les aspects qui  rendent une identité nationale crédible aux yeux de la  majorité d'une population nationale.

L'Empire austro-hongrois était passablement étendu, mais s'était agrandi  par des moyens qui firent de cet ensemble monstrueux  un objet de mépris  pour   ses propres sujets et les  étrangers.

Une  fois  qu'une entité est constituée effectivement en  nation, nous sommes plus qu' hésitant à toucher au  principe de souveraineté attachée à  elle. Toute étude  sérieuse du Canada doit prendre en compte cette question. Si le Canada est un État-nation et si ses sujets le  perçoivent  de cette façon, on est obligé alors de faire  tous  les efforts pour promouvoir des solutions aux  problèmes du Canada dans son  ensemble-au nom du  principe  de souveraineté.

Comme nous le  savons, le Canada  ne s'est jamais  qualifié, en fait, au rang  de nation souveraine—ou,  pour être plus précis, on ne le lui a  jamais permis. La  politique britannique à  l'égard du Québec, depuis William Pitt le Jeune jusqu'à nos jours, est l'exemple le plus  extrême  du refus d'accorder à  un ensemble humain la  maturité nationale et souveraine (on pourrait presque  dire la maturité tout court). L'ulcère béant que constitue  la politique québécoise imposée  par Londres a toujours  été un complément à la chétive confédération de  l'ensemble du Québec, des Maritimes, de l'Ontario, des  Provinces de l'Ouest  de la  Colombie Britannique et des  Territories  du Nord-Ouest.

Ceci a été aggravé par l'organisation du système bancaire canadien et par les abus de pouvoir scandaleux de ses dirigeants.

Au cœur de ce véritable manque de souveraineté  canadienne, on découvre  les pouvoirs spéciaux du Gouverneur Général et la position financière injuste de la  Province de Québec  par rapport au gouvernement central. Ce n'est pas l'héritage français  qui est à la source  de cette tendance à  la division; ce sont plutôt les  conditions pratiques qui correspondent aux origines  françaises  pour des raisons politiques et historiques.

Étant donné qu'il faudrait probablement d 'abord le  choc de la séparation du Québec  pour réaliser une  réforme convenable  au Canada, et qu'il semble n'y  avoir aucune autre solution aux problèmes fondamentaux du Québec,  au sein des arrangements qui prévalent  actuellement et qui sont déterminés par Londres, *il est  nécessaire d'envisager la séparation du Québec comme  une réalité moralement inévitable.  le Québec n'a visiblement aucune autre alternative satisfaisante.*

Alors séparez-vous! Mais à  quel but? Comme tant  d'autres anciennes colonies britanniques, le Québec  jouira-t-il d'un semblant de souveraineté politique en  demeurant financièrement, et par conséquent économiquement, une néo-colonie de la Cité de Londres et des intérêts bancaires canadiens? C'est dans la réponse à ces questions qu'on trouvera les éléments d'une véritable  politique pour  le Qμébec.

J'en reviens à  mon grand-père qui a  quitté le Québec  dans les années1880. Est-ce que le Québec peut, au  moins, assurer à  ses citoyens le type d'occasions qualitatives qui avaient poussé mon grand-père à  quitter le  Québec pour les trouver ailleurs? Est-ce que le  Québec  va finalement adopter une  politique intérieure favorisant sans restriction les techniques de pointe? En  d'autres termes va-t-il promouvoir un développement  capitalistique de l'économie, créateur d'emplois qualifiés  de carrières scientifiques pour sa jeune population?

Je viens d'employer  le langage du «Paradis terrestre»!  Mais vous savez désormais quelle est  ma véritable  préoccupation lorsque je parle d'emplois qualifiés et de  carrières scientifiques. Je veux dire que ces jeunes gens,  y compris ceux qui  ont quitté leurs villages pour  chercher du travail à  Montréal dans les années 1950 et  1960, doivent trouver  les conditions et les circonstances  dans lesquelles le respect  de leurs pouvoirs cognitifs  et  leur développement illimité doivent devenir la base  pratique du respect de soi-même et des relations sociales.

En favorisant la création de familles au sein  desquelles le développement des aptitudes de l'enfant  pour la connaissance scientifique devient la valeur culturelle centrale de l'éducation d'enfants, nous créons  le  type d'environnement moral qui est nécessaire  au perfectionnement moral et intellectuel des générations à  venir.

*A cette fin, la meilleure solution pour le Québec est-elle de vivre indépendamment en tant que république  souveraine,  où faut-il envisager  la possibilité pour le  Québec de  se joindre aux États-Unis en devenant le 52ème  Etat de l'Union?*

Un Québécois prudent répliquerait probablement:  *Tout dépend de ce que vont devenir les États-Unis au  cours de la prochaine décennie.*

Il est évident que si les États-Unis sont plongés dans  les conditions infernales qu'impliquent les tendances  actuelles  de l'administration Carter et la candidature de  Haig,  alors le Québec ferait mieux de défendre  l'indépendance de sa souveraineté par tous les moyens  possibles.

Le rattachement aux  États-Unis n'est envisageable  que si le nouveau Président des USA est cet auteur ou  quelqu'un d'autre représentant essentiellement les  mêmes  politiques. Je crois, et sans forcer les choses, que  dans l'hypothèse où  je suis élu président, une majorité  de Québécois seraient enclins à  se joindre aux États-Unis,  pour m'aider à  reconstruire les États-Unis et en  faire à  nouveau une nation vouée au progrès technologique  et scientifique, une nation où les Québécois et  leurs descendants aimeraient vivre.  Si l'aide du Québec  devait fournir à mon administration la marge nécessaire  à la réussite de ce dessein, alors je souhaite  que le  Québec choisisse le rattachement aux États-Unis.

Autrement, en  tant que Président des États-Unis, le  choix m'est indifférent.  Si les citoyens québécois préfèrent l'indépendance,  je m'en satisferais. S'ils préfèrent  l'union avec des États-Unis revitalisés,  j'en serais enchanté.

Dans  un cas comme dans l'autre, ma politique envers  le Québec ne changerait pas fondamentalement. La  prospérité  du Québec est dans l'intérêt mutuel du Québec et des États-Unis. Si, en raison d'affinité linguistique, le Québec devait préférer  un partenaire plus  proche comme la France, la  situation n'en serait pas  fondamentalement différente; les relations entre les  États-Unis et une France gaulliste seraient si étroites  sous ma présidence que  certains de mes critiques pourraient m'accuser de faire du «Constitution Mall» une  extension des Champs Elysées.

De plus, les États-Unis,  la France, l'Allemagne de l'Ouest et d'autres nations  développeraient des modes  de coopération si étroites en  matière de division du commerce international et d'aide  à l'investissement pour le développement des économies  du Tiers-Monde, que le Québec deviendrait, d'une manière ou  d'une autre, un partenaire des États-Unis sur les  marchés étrangers. En réalité, la vérité est que la  coopération économique régionale  entre les États-Unis  et un Québec indépendant serait presqu'aussi étroite  que dans le cas  où le Québec rejoindrait l'Union.

En pratique, les aspects économiques ne devraient  pas  jouer un grand rôle dans le choix des citoyens du  Québec. Intégré aux États-Unis sous une administration  comme  la mienne, le Québec connaîtrait probablement  un progrès économique un peu plus rapide que sous un  régime d'indépendance. La différence toutefois n'est  pas telle qu'elle puisse représenter un obstacle au choix  de l'indépendance  si tel était le voeu des citoyens  québécois.

Quant à moi, les priorités actuelles sont les suivantes.

D'abord,  je dois affaiblir l'ennemi numéro un de  l'humanité tout en travaillant au renforcement des  forces vouées au règne de  la loi naturelle dans le monde. Ma démarche quant aux problèmes d'indépendance et  autres questions similaires réflète donc nécessairement  la pensée stratégique des cercles associés au Marquis de  Lafayette. C'est pourquoi j'ai donné le nom  «d'Opération Lafayette» à ma politique québécoise.  L'intérêt vital du Québec  étant de se libérer du joug  oppressif de Londres,  les intérêts pratiques du Québec  coïncident avec ma propre stratégie politique.

Deuxièmement,  il existe au Québec un courant de  forces politiques importantes qui constitue, pourrait-on  dire, une force «gaulliste» et qui tend à s'identifier,  parallèlement, aux grandes orientations politiques qui  furent celles  du président Charles de Gaulle. Ces forces  tendent également à  incarner les meilleurs traditions de  la culture politique et philosophique française, à savoir  la tradition néo-platonicienne française. Si le  potentiel  de ces forces peut être combiné efficacement avec les  aspirations républicaines des travailleurs du Québec et  des forces rurales progressistes, il  est possible de développer rapidement un puissant mouvement républicain  et néo-platonicien au Québec.

En somme,  je demande au Québec de s'aider lui-même  en me soutenant dans notre lutte commune pour  débarasser l'humanité de la plus hideuse calamité de  l'histoire qui la menace.  De même que de Gaulle avait  compris que la France ne satisferait pas ses  aspirations  nationales que si elle jouait un rôle stratégique décisif  dans le cours des événements mondiaux, je dis au  Québec:  si le Québec s'engage de lui-même dans une  mission féconde pour les affaires des nations, de la  conscience qu'il développera de l'existence d'un dessein  plus large pour lui naîtra chez ses citoyens cette qualité  de conscience gui leur permettra de résoudre plus  facilement  les tâches internes de la nouvelle nation.

Les  individus comme les nations ne valent pas grand chose s'ils ne sont pas conscients d'exister dans un but plus élevé que la simple gratification de leurs appétits sensuels immédiats.

La question n'en est pas celle de l'indépendance en  soi. Qui au Québec pourrait souhaiter l'existence d'un  misérable ghetto de langue française  sur la frontière  nord-est des États-Unis, un cauchemar de croissance-zéro grelottant durant les longs hivers gris à cause  d'une constante pénurie d'énergie? C'est le devoir et le  droit des Québécois de vivre en harmonie avec la loi  naturelle. Plus concrètement, le fait est que la population québécoise  jouit des ressources morales actives qui  lui permettent d'agir maintenant selon les prescriptions  de la loi naturelle.

Mai 1979
