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title: "Gilles Verrier"
date: 2026-10-07
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Groulx et la Loi sur les langues officielles, de l’unité à la division des Canadiens-Français
Chez Lionel Groulx, la solidarité envers les Canadiens-Français de partout, le peuple dont il se réclame, ressort abondamment. Pour lui, le peuple n’est pas une province créée en 1867. Ses racines sont bien antérieures. Groulx est l’un de nos compatriotes qui a le mieux illustré la dimension continentale de l’identité canadienne-française.

Dans L’enseignement français au Canada, t. II, consacré justement aux « écoles des minorités », Groulx s’intéresse aux Franco‑Ontariens et au Règlement XVII, qu’il présente comme une « grande crise morale » pour toute la nation canadienne‑française, non comme une simple affaire ontarienne.
Dans  Le Français au Canada (cours en Sorbonne, 1931–1932), Groulx reprend en résumé la même trame : le Canada français est une entité nationale qui dépasse les frontières provinciales; les minorités, notamment en Ontario et dans l’Ouest, forment avec le Québec un tout organique.

Dans Le Français au Canada, Groulx explique qu’il ne s’agit pas seulement du Québec, mais de « l’ensemble des hommes d’origine française en pays canadien » « dans les autres provinces, de l’Atlantique au Pacifique ». Il insiste sur le fait que tous ont dû lutter pour « garder leur individualité ethnique ».
Le peuple canadien-français divisé contre lui-même
Avec la Loi sur les langues officielles, depuis 1969, l’État fédéral a tracé une frontière au sein du Canada français. Le tracé de cette frontière ignore les réalités humaines, culturelles et historiques.

Nous vivons depuis 1969 dans un régime de partition du Canada français, un peu à l’image d’autres peuples du monde, comme les Kurdes ou les Baloutches.
La loi fédérale sur les Langues officielles met en place deux régimes linguistiques au sein de la minorité canadienne-française. Elle s’attaque à l’unité d’un peuple et le dépouille de la dimension continentale de son identité. Sous une apparence généreuse, reconnaissance des deux langues officielles, elle institue la division.

Le peuple canadien-français est réduit à deux catégories de «francophones», les majoritaires et les minoritaires. Elle s’attaque à l’unité historique et repousse naturellement toute reconnaissance statutaire. La division de la minorité canadienne-française est délibérée. Elle érige en système les conditions d’une incessante opposition juridique au sein d’un même peuple qui, jusque-là, réclamait fondamentalement les mêmes droits.

Personne ne l’a encore fait remarquer, mais la politique fédérale à l’égard des Canadiens-Français entre certainement en conflit avec la Charte des Nations unies et les Pactes de l’ONU sur les droits des minorités ethniques. Ces documents de droit international, dont le Canada est pourtant signataire, réprouvent la partition des minorités nationales par un État central.
Sous couvert de chercher son bien, de répondre à une revendication populaire exprimée de longue date, on peut estimer que le génie de P. E. Trudeau s’en est pris à l’âme d’un peuple uni par son appartenance aux grands espaces, mais désormais fortement provincialisé. À ce jour, six des incessants conflits entre francophones du Québec et francophones du ROC ont été soumis au jugement de la Cour suprême, le plus haut tribunal du pays. Au Canada, la minorité canadienne-française est coupée en deux depuis 1969. Les relations fraternelles dont Lionel Groulx faisait état de son vivant ont été remplacées par la méfiance et la rivalité d’une partie de la minorité envers l’autre.

Dans « Le piège des langues officielles », une étude de 500 pages, le professeur Éric Poirier, documente rigoureusement la dynamique qui oppose les droits des « minorités scolaires hors Québec » à la « majorité » du Québec. C’est la mise en opposition d’un peuple contre lui-même : « Québec et minorités francophones dos à dos.[https://scontent-yyz1-1.xx.fbcdn.net/v/t39.30808-6/825351807_1874821483517418_8390342713549968399_n.jpg?stp=cp6_dst-jpg_tt6&cstp=mx642x956&ctp=p526x296&_nc_cat=111&ccb=1-7&_nc_sid=127cfc&_nc_ohc=IbFve97PNv4Q7kNvwE3B_l9&_nc_oc=AdqLJgQrlIjSkV__E2zA3tovI-WZhHbFGhi-qGPaWfEt8aHD_YaoZmJgkzajE-NJIyk&_nc_zt=23&_nc_ht=scontent-yyz1-1.xx&_nc_gid=RQ5TzHVX8mY4I_u07ingvg&_nc_ss=7b2a8&oh=00_AQMgoHNLDnBusqColLqoV_FNlb2ut4yCHIU5vzam4wmG2Q&oe=6ACC0906](https://scontent-yyz1-1.xx.fbcdn.net/v/t39.30808-6/825351807_1874821483517418_8390342713549968399_n.jpg?stp=cp6_dst-jpg_tt6&cstp=mx642x956&ctp=p526x296&_nc_cat=111&ccb=1-7&_nc_sid=127cfc&_nc_ohc=IbFve97PNv4Q7kNvwE3B_l9&_nc_oc=AdqLJgQrlIjSkV__E2zA3tovI-WZhHbFGhi-qGPaWfEt8aHD_YaoZmJgkzajE-NJIyk&_nc_zt=23&_nc_ht=scontent-yyz1-1.xx&_nc_gid=RQ5TzHVX8mY4I_u07ingvg&_nc_ss=7b2a8&oh=00_AQMgoHNLDnBusqColLqoV_FNlb2ut4yCHIU5vzam4wmG2Q&oe=6ACC0906)
